vendredi 6 janvier 2017

Que ta volonté soit faite de Maxime Chattam

Bienvenue à Carson Mills, petite bourgade du Midwest avec ses champs de coquelicots, ses forêts, ses maisons pimpantes, ses habitants qui se connaissent tous. Un véritable petit coin de paradis... S'il n'y avait Jon Petersen. Il est ce que l'humanité a fait de pire, même le Diable en a peur. Pourtant, un jour, vous croiserez son chemin. Et là... sans doute réveillera-t-il l'envie de tuer qui sommeille en vous.

Note : 16/20

Ce livre est assez différent de ce que Maxime Chattam propose d'habitude. En effet, j'ai déjà lu quelques-uns de ses bouquins (7 au total avec La conjuration primitive, Carnages, La Trilogie du Mal, et Le diptyque du temps) et j'ai été assez surprise en lisant ce livre-ci : pas de tueur en série, pas de profiler et pas de truc bien gore. Néanmoins, on retrouve quand même le thème de prédilection de l'auteur : le Mal, avec majuscule. En effet, l'histoire raconte la vie (de la naissance à la mort) d'un homme extrêmement mauvais, Jon Petersen, un homme sans morale, sans remords et sans limites : le Mal incarné. Que ta volonté soit faite n'est donc pas vraiment un thriller mais plutôt un roman noir (Maxime Chattam mentionne d'ailleurs à deux reprises dans son récit le nom du fondateur du roman noir américain, Dashiell Hammett), un roman noir très psychologique. Le lecteur est d'ailleurs prévenu dès le départ : il ne sortira pas indemne de ce roman (voir la première citation).
Lors de ma lecture, j'ai connu plusieurs phases et plusieurs sentiments. Au début, j'étais curieuse et impatiente de plonger dans l'histoire. Une centaine de pages plus loin, je me demandais où Maxime Chattam voulait en venir en racontant les unes après les autres les monstruosités que Jon Petersen commet, en toute impunité. Encore un peu plus loin, j'en avais tout simplement marre : Jon Petersen ne s'améliore pas avec les années et personne ne semble disposé à l'arrêter, je me demandais donc, à quoi bon continuer de lire ? Et alors, une centaine de pages avant la fin du livre, Jon Petersen est assassiné. C'est à partir de ce moment-là que j'ai de nouveau apprécié ma lecture : il y avait du suspense, une enquête, une énigme, des révélations. Et je ne regrette pas d'avoir continué : quelle fin surprenante ! Cela valait la peine d'attendre. Je ne peux évidemment rien dire de plus pour ne pas spoiler mais j'ai eu un coup de cœur pour cette fin vraiment inattendue et qui ne laisse pas indifférente.

Dans bien des romans qui dissèquent ce que sont la violence et le mal, le lecteur est placé derrière le judas d'une porte qui le préserve au minimum, pour qu'il puisse observer, sans crainte, ce qu'il y a de pire en nous. Cette porte est la promesse tacite d'une littérature qui protège celui qui s'abandonne à elle. Dans ce livre, la porte est grande ouverte. [...] Soyez prévenu.

Finalement les fantômes ne dépendent pas des lieux, il n'y a guère que les hommes et les femmes qui sont hantés, jamais les maisons.

- Alors les monstres existent ? - Je voudrais bien te dire que non, mais ce serait le mensonge d'un adulte à une enfant, et je crois que tu es grande maintenant.

[...] avec les émotions rien ne peut être feint, ce qui a été éprouvé a existé [...]

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